CAR SEAT HEADREST Twin Fantasy

Disponible en CD/LP/DL

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Les fans de Car Seat Headrest, ceux de la première heure comme les adeptes plus récents vont être sur un petit nuage en apprenant la grande nouvelle : ‘Twin Fantasy’, le chef d’œuvre de Will Toledo sorti en 2011 sur Bandcamp s’offre une seconde vie ! Réimaginé et réenregistré, il est sorti le 16 février 2018 en double LP ou double CD contenant les deux versions (2011 et 2017).

L’annonce de cet album vient accompagnée du titre ‘Nervous Young Inhumans’. Son clip, premier travail visionnaire de Toledo lui-même en tant que réalisateur, est une chorégraphie sur deux écrans qui suit en un crescendo frénétique l’évolution de la chanson.

Soutenu par pas moins de sept musiciens (dont des membres de Naked GiantsCar Seat Headrest viendra prouver la force explosive et révélatrice de ses performances live en Europe et dans le monde en mai prochain (date ci-dessous !).

Toledo a toujours su qu’il reviendrait à ‘Twin Fantasy’. Il n’avait pas le sentiment de l’avoir achevé. Pas vraiment. Ses grandes ambitions s’étaient toujours heurtées à ses limites techniques. Il suffit d’écouter son premier jet, enregistré à dix-neuf ans sur un ordinateur bon marché, pour comprendre ce que Brian Eno appelle affectueusement « The sound of failure » : une sorte d’échec palpitant, extraordinaire, d’une irréfutable singularité.

Le premier amour de Will exprimé à travers les émotions viscérales d’un adolescent avec sa bouteille de gin volée, ses tibias couverts de bleus, ses ébats maladroits : un moment charnière qui semble aujourd’hui trop important par rapport aux moyens d’enregistrement à sa disposition a l’époque. Toutefois, bien que maladroit, ‘Twin Fantasy’ est profondément, et à raison, glorifié par ses fans. Des légions d’auditeurs respectueux ont sculpté des rituels autour de l’album : on sanglote sur ‘Famous Prophets’, on s’embrasse sur ‘Cute Thing’, on se laisse aller alors que ‘Bodys’ monte en puissance.

La distorsion sonore n’importe que peu. On entend très bien ce que Car Seat Headrest a à nous dire. On entend tout. Et on ressent tout : ses espoirs, son désespoir, ses accès de joyeuse hystérie. Il nous fait confiance, à chacun d’entre nous, des milliers d’entre nous, pour confier ce qu’il n’ose pas dire tout haut. “I pretended I was drunk when I came out to my friends,” chante-t-il, avant de se reprendre comme pris en flagrant délit de mensonge : “I never came out to my friends. We were all on Skype, and I laughed and changed the subject.”

Si vous imaginez l’équivalent d’un journal intime musical, autocentré sur ses angoisses, vous vous trompez. ‘Twin Fantasy’ n’est pas un monologue, c’est une discussion : « You know, il chante, that I’m mostly singing about you. »
Et c’est là la plus grande force de Will Toledo en tant que songwriter : en chantant sa propre histoire il raconte aussi toujours quelque chose de la vôtre. Derrière les nombreux clins d’œil à son quotidien adolescent – Harper’s Ferry, le papier peint jaune, le plateau de Monopoly qui amasse la poussière dans sa voiture – il trouve le temps de se tourner vers les instants fragiles de votre propre vie, vos propres amours.

Depuis le début, seul dans sa chambre, ses dernières semaines de lycée devant lui, Will savait qu’il était en train de composer des hymnes. Le jeune homme rêvait qu’un jour, vous et moi pourrions reprendre ses mots en chœur.

“It was never a finished work,” confie-t-il, “and it wasn’t until last year that I figured out how to finish it.”

Aujourd’hui, il a un vrai budget, un groupe pour l’accompagner en bonne et due forme, et tout le temps du monde pour peaufiner et corriger. Selon lui, il aurait fallu huit mois de mixage rien que pour parvenir au son de batterie parfait. Et le résultat n’est pas la seconde prise superficielle d’une œuvre existante, aseptisée en studio et lavée de sa force émotionnelle, au contraire. C’est l’album qu’il a toujours voulu faire. L’histoire qu’il a toujours voulu écrire. Le son qu’il a toujours voulu produire.

Ça n’a pas été facile de se remettre à la place de son moi adolescent, de revivre ces moments douloureux. Il y a des paroles qu’il n’écrirait plus aujourd’hui, notamment un titre particulièrement sombre qu’il considère comme l’albatros de son œuvre. Mais malgré le poids de ce Toledo juvénile et meurtri sur ses épaules, Car Seat Headrest continue d’avancer. Il continue de grandir. Il continue de revoir sans les brusquer les chansons que nous aimons tant.

C’est là pour Toledo la véritable différence entre l’œuvre originale et celle d’aujourd’hui : sa propre histoire n’est plus une tragédie a ses yeux.
Et il n’est plus seul.
Nous non plus.

 

Tracklisting

  • My Boy (Twin Fantasy)
  • Beach Life-In-Death
  • Stop Smoking (We Love You)
  • Sober to Death
  • Nervous Young Inhumans
  • Bodys
  • Cute Thing
  • High to Death
  • Famous Prophets (Stars)
  • Twin Fantasy (Those Boys)